LA MESSAGÈRE 

Marie Jeanne-Louise Ramonet est née le 7 octobre 1910 et elle est morte  le 19 février 1995, au petit hameau de Kerizinen en Bretagne.

Elle a été baptisée le jour de sa naissance, car elle était fragile. Ses parents étaient fermiers, Jeanne Louise était la quatrième de neuf enfants.

A deux ans et demi, elle fut atteinte de paralysie (polio) à la jambe droite. Elle marchait difficilement, et pu pas aller à l’école avant ses 10 ans.

Puis elle fut acceptée comme pensionnaire et rattrapant son retard, obtint son certificat d’études.

A 12 ans, après une communion, elle entendit le Seigneur lui dire : « Sois mon apôtre, aime tes frères. »

A 14 ans, elle se donna au Christ. Plus tard, elle exprima le désir de se faire religieuse, mais elle fut refusée pour raison de santé.

En effet, chaque hiver depuis 1925, elle devait séjourner dans le service de dermatologie de l’hôpital de Brest.

 

Elle était très décalcifiée.

Là, elle aidait les religieuses de St Thomas de Villeneuve qui tenaient l’hôpital, faisait le catéchisme aux enfants malades, apprenait à faire les piqûres. La Supérieure la prit sous sa protection durant ses séjours, mais ne put lui permettre de réaliser sa vocation. Ce fut une dure épreuve pour Jeanne-Louise.


Elle avait 17 ans lorsqu’elle perdit sa mère, un frère et une sœur de la fièvre typhoïde. Elle était alors seule à l’hôpital et ne pouvait pas rentrer chez elle à cause de la contagion.

Trois ans plus tard son père décéda lui aussi.

Francine, leur sœur aînée, prit en charge ses frères et sœurs orphelins et tous restèrent à la ferme de Kerizinen.

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Ils menèrent une vie pieuse, simple laborieuse, sans radio, sans livres, sans électricité ni eau courante. L’eau potable était à 400 mètres. La ferme faisait deux hectares et demi, la terre était pauvre et la vie difficile.

La famille n’avait que peu de contact avec l’extérieur sinon le dimanche à la messe du bourg. Mais le voisinage s’entraidait beaucoup.

Au fils des années, les enfants quittèrent la maison. Seules restèrent Anne Marie et Jeanne Louise.

Jeanne Louise était toujours souffrante de sa jambe et le travail de la ferme lui était très dur. Elle était très croyante, et même si elle ne pouvait devenir religieuse, elle rythmait sa vie par le travail, le silence, la prière et une grande solitude intérieure.

En 1936, elle partit à Lourdes avec le pèlerinage diocésain des malades. Ce fut l‘unique voyage de sa vie. Devant la grotte, elle supplia la Vierge de lui accorder la santé pour pouvoir faire son travail à la ferme.

Elle fut exaucée.

Deux ans après, Marie lui apparut le 15 septembre 1938 tandis qu’elle gardait deux vaches, tout en tricotant. La Vierge était vêtue d’une robe bleue bordée de blanc et serrée par une double cordelière.

Elle portait un voile et un manteau blancs et un chapelet aux grains blancs, à la chaîne dorée, pendait à son poignet droit.

Jeanne-Louise ne s’y attendait absolument pas: «Je croyais qu’il n’y avait que les enfants qui ont des apparitions», dira-t-elle plus tard.

Elle a très peur, la Vierge la rassure et prévient qu’une grande guerre menace la France :

« N’aie aucune crainte. Je ne te veux aucun mal. Tu me verras différentes fois dans les années à venir, et là, Je te dirai qui Je suis et ce que Je demande.


Une nouvelle guerre menace l’Europe. Je l’éloignerai de quelques mois, car Je ne puis rester sourde à tant de prières qui, en ce moment, s’élèvent vers moi là-bas à Lourdes, pour la paix. »

Les français effectivement, depuis l’été 38, craignaient une explosion de la situation. Un an plus tard la guerre éclatera brutalement.

La beauté et les premières paroles de l’apparition lui font comprendre que c’est la Sainte Vierge, mais elle n’en dit rien à personne, même pas à sa sœur. Et elle attendait qu’Elle revienne, puisqu’Elle le lui avait promis.

Jeanne-Louise continua donc sa vie de tous les jours et parfois, dira-telle plus tard, «je me demandais ce qu’il m’était arrivé».

Le 7 octobre 1939, Jeanne Louise se sentit poussée par un appel intérieur à se rendre sur le lieu où elle l’avait vue la première fois.

La Vierge lui dit « Le Monde ne cesse d’offenser Dieu par de très lourds péchés, surtout des péchés d’impureté, d’où cette guerre en châtiment de tant de fautes.

Mais le Ciel n’est pas insensible à tant de misères et vient vous donner un moyen de salut.

La paix, vous l’aurez sous peu si vous savez l’acquérir, mais il faut pour cela que le peuple mène une vie de prières, de sacrifices, de pénitence, que surtout, très souvent, l’on groupe les enfants pour prier, pour réciter le chapelet suivi du « Parce Domine » pour les pécheurs.

Parles-en à ton Directeur et qu’il fasse publier ce message. Je donnerai à ses paroles une force surnaturelle qui touchera les cœurs. Toi-même, continue chaque jour la récitation de ton Rosaire, mais applique-toi davantage dans la méditation des mystères car, sache-le bien, le Rosaire sans mystères est comme un corps sans âme. »

Elle prévient alors que la paix est pour bientôt, si suffisamment de ferveur pratiquante est démontrée.

 Le 7 décembre, elle réapparaît pour annoncer une « année de paix », une victoire rapide, et promet que  « si l’on prie et se sacrifie comme il faut, la guerre prendra fin à la mi-octobre. »

Marie lui demandait de tout dire à son confesseur, mais celui-ci ordonna le silence. Jeanne Louise obéit. C’est le début de la série d’apparitions divines.

Le 2 avril 1940, plus menaçante, la Vierge annonçait le châtiment dû au manque de prière : « La guerre sera dure et longue, si l’on ne prête pas garde aux messages que Je vous ai apportés. »

En Mai 1940, l’invasion du pays par les allemands fut annoncée par la Vierge. En effet, l’armée française fut vaincue entre le 15 mai et le 15 juin.

Les allemands envahirent rapidement le pays. Le 24 juin, la France était tellement occupée par l’ennemi qu’elle déposa les armes. Le président du Conseil démissionna, laissant le pouvoir à Pétain.

Le 11 juin 1940 l’armistice fut signée et la France coupée en deux.

Après l’armistice, un nombre insensé de prisonniers fut fait pendant que les nazis se livrèrent à un pillage en règle du pays. La terreur s’installa jusqu’à ce que le gouvernement accepte les conditions de la collaboration.

Le 24 octobre 1940, Pétain serra la main d’Hitler et signa les accords économiques, militaires et politiques de la collaboration avec l’Allemagne. A la mi-octobre la guerre était donc bel et bien terminée pour la France, mais peut être pas de la façon dont pouvaient l’espérer Jeanne-Louise et son confesseur.

Après octobre 1940, c’est une autre guerre qui commença, car on ne peut pas faire la « paix avec le diable ».

A la septième apparition, le 7 octobre 1940, que la Vierge déclara : « Je désire être honorée et invoquée en ce lieu sous le nom de Notre-Dame du Très Saint Rosaire ».

Jeanne Louise gardait toujours le secret comme le lui a demandé son confesseur : tout se passait en silence, dans la discrétion, l’humilité.

La Sainte Vierge demandait que des prières s’organisent, mais la visionnaire n’avait le droit de rien dire.

En 1947, une petite fille entendit ce que Jeanne Louise disait au confessionnal, le secret des apparitions fut découvert. Les voisins vinrent la voir.

En 1948, une jeune fille du voisinage lui demanda la guérison. Trois mois avant, la Vierge avait dit à Jeanne quand la jeune fille allait mourir et lui avait demandé d’en informer la famille dix jours avant le décès. Ce qu’elle fit.

Cette première prophétie la fit connaitre, et en 1949, alors qu’une autre jeune fille fut sauvée grâce à un pèlerinage à Kerizinen, les journaux se mirent à en parler.

Jeanne Louise devint la « voyante », elle était timide et effrayée. Les gens pénétraient partout sur son terrain et jusque dans sa petite maison. Avec cette notoriété vinrent aussi les rejets et les humiliations de ceux qui ne la croyaient pas.

À partir de 1955, la Sainte Vierge apparut accompagnée de Jésus, puis en 1958, ils apparurent tous les deux à Jeanne-Louise Ramonet sous la forme de deux cœurs reliés par un glaive.

C’est le mystère des deux Cœurs unis de Jésus et Marie révélé à Kerizinen.

La Vierge Marie et Jésus sont apparus à Jeanne-Louise Ramonet à plusieurs reprises entre 1938 et 1965. Les fidèles commencèrent à affluer à Kerizinen.

Les apparitions dans le champ de Kerizinen étaient généralement accompagnées de miracles (jaillissement d’une source miraculeuse en 1952, pluie de pétales de rose) et donnaient lieu, presque à chaque fois, à un message.

 

Jeanne Louise aidant à l’aménagement autour de la source à Kérizinen

La source était un don pour les pèlerins mais aussi pour Jeanne Louise et sa sœur qui eurent pour la première fois de l’eau potable à portée de mains.

Jeanne-Louise en remercia la Sainte Vierge, n’en gaspillant aucune goutte, l’utilisant comme un remède et s’attristant lorsque quelqu’un s’en servait à tort et à travers.


En 1952, sa sœur Anne-Marie se maria et alla s’installer non loin de Kerizinen. Désormais, Jeanne-Louise était seule à la ferme, mais elle était aidée par le voisinage lors des gros travaux.

Jeanne-Louise reçut des communions mystiques ensanglantées tous les Vendredi-Saint durant 21 mois, entre 1955 et 1956.

Elle participa aux souffrances des cœurs meurtris de Jésus et sa Sainte Mère.

En 1956, on construisit un petit oratoire sur le lieu où Jeanne Louise était assise, lors des apparitions, dans le champ non loin de sa maison.

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Jeanne Louise restait entourée par des amis qui étaient présents, non à cause des apparitions, mais par amitié pour elle.

La Vierge lui avait dit en 1940 : « A cause de ces apparitions, tu auras beaucoup à souffrir. Plusieurs douteront de toi, mais tu trouveras sur ton chemin des amis pour te comprendre, te guider et même te suivre ; mais tu peux beaucoup pour les pécheurs par tes souffrances et tes peines acceptées avec résignation et sans murmure. »

 

En effet, Jeanne Louise ne se plaignait pas, restait dans l’humilité, la prière, le travail et la charité envers son prochain. Elle n’a jamais dévié de sa fidélité et ne s’est jamais contredite.

En juin 1962, Jésus communia Jeanne Louise, avant de lui donner un message sur le mystère de l’eucharistie et marqua l’importance de la réception de la sainte hostie.

En 1965, les apparitions cessèrent. Lors de la dernière apparition la Vierge lui dit « Je reste et veille sur vous ». Elle eut ensuite des locutions pour elle-même qu’elle ne partagea pas.

Jeanne Louise vit en tout 71 apparitions pendant 27 ans. Elle notait tous les messages sur des cahiers d’écoliers.

En 1970, elle prit sa retraite d’agricultrice et pu ainsi plus facilement recevoir les pèlerins, répondre à leur courrier et assurer le Rosaire quotidien à 15h.

ROSAIRE RÉCITÉ ET MÉDITÉ PAR JEANNE-LOUISE

STABAT MATER -
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Peu de temps après, un couple de retraités vint l’aider et installa leur caravane sur son terrain.

En 1972, une association fut mise sur pied pour l’épauler dans sa tache : « Les Amis de Kerizinen ».

Ainsi ont été construits les équipements nécessaires (aménagement de la source, construction de sanitaires), puis

le grand oratoire en 1978, et enfin l’Accueil Saint-Joseph (accueil de jour) en 1992.

En 1977, l’association mariale féminine « les Enfants de Marie de Kerizinen », demandée en 1955 par la Sainte Vierge vit le jour sous la direction de Jeanne-Louise.

A partir de 1982, dans un mobil-home pour commencer, puis en 1993 dans la partie privée de l’Accueil Saint-Joseph, Jeanne-Louise s’installa avec quelques personnes, selon le désir de la Sainte Vierge, pour vivre une vie de prière et

de travail au service des pèlerins.

« Ce n’est pas pour moi qu’il faut venir à Kerizinen, mais pour la Sainte Vierge », répétait-elle souvent.

A partir de 1984, sa santé commence à s’altérer, elle ne pu plus recevoir les pèlerins comme elle l’avait fait pendant 33 ans.

Le 19 février 1995, Jeanne-Louise Ramonet mourut en paix, à l’âge de 85 ans.

Kerizinen est un lieu de pèlerinage, de nombreuses conversions, de nombreuses guérisons inexpliquées ou inexplicables et de vocations religieuses.

Derrière l’oratoire, se trouve « la source de Kerizinen », jaillissant par quelques robinets tout à fait classiques.

« Il n’y a point d’endroit où avec tant d’abondance, Je donne mes grâces surnaturelles. Jamais on n’en reviendra sans grâces nouvelles» a dit Notre Dame, le jeudi 12 mai 1955, à Kerizinen.

Ce sanctuaire contesté progresse particulièrement et discrètement, tant les grâces et les conversions sont abondantes.

Les plaques de remerciement couvrent les murs du petit oratoire et ont même commencés à envahir l’extérieur.

© KERIZINEN 2020

Car visiblement, de Ma protection, Je couvrirai ces terres bretonnes, desquelles doit surgir une France nouvelle, une France chrétienne, gouvernée par ce Grand Monarque, envoyé spécial de Dieu comme défenseur de l'Eglise et de la liberté, et sous le règne duquel toute justice sera rendue."